Cyber-pougne : mon adolescence avant Pornhub et les sextoys 🦕

Je fais sans doute partie de la toute dernière génération de personnes à ne pas avoir consommé (ou très peu) de porno vidéo pendant mon adolescence. Du moins, tel qu’on le connaît aujourd’hui sur les tubes type Pornhub. Ça existait déjà bien sûr, mais j’ai l’impression que ça restait quelque chose d’assez récent et peu accessible si on ne disposait pas d’un ordinateur connecté à internet. Et les smartphones, n’en parlons même pas : c’était la misère (comment ai-je pu un jour rêver d’un blackberry ?).

En plein dans la découverte de mon corps, vous vous doutez bien que je faisais autrement. Et tout ça, c’était il y a un peu moins de 10 ans.

Web Archive, la machine à voyager dans le temps d’Internet.

 

Les nouvelles érotiques 📖

Aussi loin que je me souvienne, la première fois que je me suis touchée, c’était sur un blog de nouvelles érotiques. J’avais accroché à la plume de cette auteure amatrice, à tel point que je ne consultais que son site et uniquement le sien. Lentement, j’apprenais à me connaître et je savais quels mots, quelles phrases, quelles ambiances me faisaient de l’effet. Et pour ça, je n’avais qu’à choisir la nouvelle qui correspondait à mon humeur du jour.

Sailor Moon : Makoto & Haruka
Source : Sailor Moon.

 

J’ai essayé de le retrouver ce blog, bien sûr. Par pure nostalgie, mais aussi pour comparer avec mes goûts actuels : peut être que l’écriture de cette femme me ferait juste rire aujourd’hui, à défaut de me faire jouir. Mais non, impossible de mettre la main sur l’URL. J’ai fini par me rendre à l’évidence : il n’existe sans doute plus. Triste.

Les photos porno 📸

Je l’ai dit plus haut : je n’avais ni ordinateur personnel connecté à Internet ni smartphone (et vu que je n’y avais jamais goûté, ça ne me manquait d’ailleurs pas). La seule connexion non-surveillée dont je disposais, c’était via le navigateur de ma Nintendo DSi. Et la spécificité de ce navigateur-là, c’était non seulement qu’il était très long à charger, mais aussi qu’il ne lisait pas les vidéos. Alors je me suis branlée sur des photos. Je me souviens de mon cerveau moulinant pour faire le lien entre toutes ces images afin de ne former qu’une seule et même scène.

Faute d’avoir retrouvé ma vieille DSi (snif), voici tout de même un screenshot pour l’effet « nostalgie ».

 

Contrairement au blog de nouvelles érotiques, j’ai retrouvé le site sur lequel je me sustentais… Pour finalement découvrir que le nom de domaine avait été racheté par ce qui me semble être un restaurant asiatique. Internet est décidément plein de surprises.

Mon imagination 💭

Je n’ai jamais été très d’accord avec celles et ceux qui pensent que regarder des vidéos porno est révélateur d’un cruel manque d’imagination (et quand bien même, tout le monde n’est pas un Tolkien du cul). C’est donc maladroitement que mes premières séances masturbatoires se déroulèrent, nourries par les histoires d’amour de mes romans favoris et par les sentiments que j’éprouvais envers mes petits camarades de collège.

Thinks about dick in silence meme

J’ai également expérimenté dans ces années mes premiers rêves érotiques, ou wet dreams (« rêves humides ») selon l’expression anglo-saxonne, que je trouve bien plus rigolote. Étrangement, même aujourd’hui, je suis quelqu’un qui rêve assez peu de sexe. Depuis le début de ma vie, je pourrais compter les fois où j’ai rêvé de baise sur les doigts d’une main. Je me souviens notamment de mon tout premier : dans la salle de bains chez mes parents, un total inconnu m’attendait, appuyé sur la panière de linge sale (¯\_(ツ)_/¯), puis nous avons fait notre affaire dans une scène digne d’un téléfilm diffusé passé minuit.

Le légendaire pommeau de douche 🚿

Celui-là, je ne pense même pas que ça soit la peine de le présenter. Il fut mon premier amour, à l’époque où je ne savais pas encore me servir de mes doigts, et même après cela dit. Cette période coincide étonnamment avec celle où j’ai commencé à fermer à clé la porte de la salle de bains. Aussi, la durée de mes douches avaient drastiquement augmenté.

On peut dire que c’est lui mon premier sextoy, finalement.

Le porno gay 👨‍❤️‍💋‍👨

Et puis, quand j’ai eu mon premier ordinateur portable, il a bien fallu que je m’y mette, aux vidéos. Tout le monde en parlait mais personne n’en regardait (soi-disant). N’ayant pas encore de site de prédilection (je n’y connaissais rien !), je tape des mots-clé directement dans Google. Même pas en navigation privée : quelle erreur de débutante.

Illustration par Quentin Zuttion via Instagram.

 

Je ne saurais vraiment pas dire pourquoi, mais c’est avec le porno gay que j’ai commencé. Peut être était-ce de la fétichisation mal placée (mais peut-on vraiment le reprocher à une adolescente), peut être était-ce simplement un rejet de ce qu’offraient le porno hétéro et lesbien classiques. Peut être était-ce un peu des deux. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui encore, lorsque je clique sur « j’ai plus de 18 ans », j’ai toujours l’impression de mentir, comme si celle que j’étais jeune adolescente n’était finalement pas si loin.

 

Et vous ? Comment vos séances de fap ont-elles évolué ces 10, 20, 30 dernières années ?

 

Cet article m’a été inspiré par celui de Red Hot Suz, blogueuse et performeuse canadienne, sur le même sujet.

Image d’en-tête : Logoly.pro