Sad but glad : récit d’un mois post-rupture (en musique !) 💔

Il n’y a pas très longtemps (3 semaines tout au plus), j’ai rompu avec celui qui était mon partenaire de vie depuis presque 5 ans. Si aujourd’hui ça va déjà (un peu) mieux, ça n’a pas été un long fleuve tranquille.

 

Sometimes it lasts in love, but sometimes it hurts instead
(1:33)

 

Cela faisait déjà un moment que j’y songeais. J’imagine que je n’avais juste pas trouvé le courage nécessaire jusque-là. Alors j’ai écrit une lettre. « C’est lâche une lettre de rupture, non ? » j’ai d’abord pensé. De toute façon, je ne sais pas m’exprimer autrement. C’était comme si les mots se tapaient tout seuls sur le clavier. Plus j’écrivais plus ce que je ressentais était évident, et il n’y avait plus de retour en arrière possible. Je n’étais plus amoureuse de lui, et ce depuis bien longtemps.

J’ai gardé la lettre pendant près d’un mois avant de trouver un moment propice pour l’envoyer. Pataugeant dans toute cette bouillie émotionnelle, je me rendais compte qu’il n’y avait pas vraiment de « bon » moment pour une rupture. Un vendredi soir ? Non, ça lui gâcherait son week-end. En pleine semaine, alors ? Certainement pas, dans quel état allait-il aller au boulot le lendemain ? J’en parlais autour de moi, et je réalisais à quel point c’était définitif et tout ce que ça allait changer.

Déménagement en préparation.

 

Finalement, un mardi soir, alors que je discutais avec mon autre partenaire, je lance : « Tu sais quoi, je devrais le faire ce soir ». Je renvoie mon ami chez lui pour la soirée.

Mon doigt refuse d’appuyer sur la touche entrée pour envoyer la lettre. Je le force. Pas question qu’un index même pas manucuré correctement me dicte ma conduite. J’appuie, persuadée que le plus dur est derrière moi. Et dans un sens, ce n’est pas totalement faux.

À la fin de la lettre, j’invite mon désormais-ex-partenaire à venir poursuivre la discussion au salon. On ne pouvait pas ne pas en parler. La lettre, c’était juste un prétexte pour taper dans la fourmilière.

Je me dis que j’aurais probablement dû envoyer ma lettre sur WhatsApp afin de profiter de la célèbre mention « vu » sans me torturer pendant d’interminables minutes. Était-il en pleine lecture ? Ou bien la notification s’était-elle perdue entre deux favoris Twitter ? J’attends, complètement vidée. Finalement, après ce qui me semble une éternité, il me rejoint, silencieux.

On se prend dans nos bras. Je pleure. Je ne sais plus très bien ce qu’on se dit ensuite. Mais plusieurs fois, il répète : « te culpabilise pas ». Il y a de ça, certes, mais ça n’est pas tant pour cela que les larmes coulent à flot. Je me sens surtout soulagée de ne plus avoir à faire semblant. Et triste, si triste que ce soit la fin. C’est moi qui avait mis un terme à la relation après tout, pourquoi étais-je si triste ?

 

I don’t regret a thing
Every word I’ve said
You know I’ll always mean

(3:12)

 

Même la plus douce et bienveillante des ruptures peut être difficile à encaisser. Je me fais la réflexion : « c’est un peu comme les 5 étapes du deuil en fait ». Pensant à un éclair de génie, je passe le reste de la soirée sur Google, qui me fait vite déchanter puisque tous les sites que je consulte évoquent que les 5 étapes du deuil sont également valables pour toutes sortes de pertes, dont la rupture amoureuse (et l’absence de fromage de chèvre dans le frigo). Je souris. Puis je réalise : ça n’est que le début et, merde, ça risquait d’être long.

 

‘Cause physically, I know you’re near me
but still you feel a million miles away

(0:17)

 

Tandis que lui est encore en phase de choc pendant plusieurs jours, j’enchaîne déjà sur la colère. C’est désagréable pour tout le monde, même pour moi. Difficile de rationaliser et de se dire qu’un jour, on rirait du « bon vieux temps » autour d’une bière aromatisée, comme si tout ça n’était arrivé que dans une sorte de réalité alternative, trop lointaine pour être vraie. Non, pour le moment, seuls demeurent la colère et l’égo. Beaucoup d’égo.

 

Don’t ask if I’m happy, you know that I’m not
But at best, I can say I’m not sad

(0:58)

 

Habiter ensemble, quand on est fraîchement séparé·es, ça n’est pas simple. Et encore, nous n’avions ni mariage ni enfants. On (c’est qui ça d’ailleurs, « on » ?) dit qu’il est impossible de guérir à l’endroit où on est tombé malade. Certes, mais mon portefeuille n’est pas trop de cet avis pour le moment. Alors la guérison, elle devra patienter ou bien laisser le temps faire son œuvre. C’est toujours plus abordable qu’un T3 en rez-de-jardin.

Je me suis remise à la lecture un peu, et j’apprends l’allemand. Je me demande combien de personnes se sont inscrites sur Duolingo suite à une rupture, tiens.

 

Even when I’m crying crazy
Yeah, I got boy problems, that’s the human in me
Bling bling, then I solve ’em, that’s the goddess in me

(0:15)

 

Ça finira par aller mieux, j’en suis persuadée. Un jour, tout ça ne sera devenu qu’un souvenir, doux et éloigné dont il ne restera que le meilleur. Et en attendant, juste pour le plaisir de citer Maïa Mazaurette : « Pleurer est une compensation parfaitement inoffensive, pour peu qu’on enlève son mascara avant ».

 

Thank you, next
I’m so fuckin’ grateful for my ex

(0:50)

 

5 Comments

  1. Kiyo

    8 septembre 2019 at 19 h 26 min

    Tout plein de courage à toi ;;

  2. Orni

    4 septembre 2019 at 23 h 51 min

    J’ai failli rompre cet été aussi après 5 ans… Mais dans un sursaut d’amour, j’ai déménagé suite à une mutation pour raviver une flamme. Ou tenter. Au moins on essaye.

    Courage à toi, les étapes sont longues…

    1. Zuki

      5 septembre 2019 at 0 h 27 min

      Oui, ce n’est pas parce que ma relation est devenue vaine que c’est le cas de toutes les autres et heureusement 😀 Je te souhaite que ça s’arrange pour toi, et si ce n’est pas le cas, it happens et ce n’est en aucun cas un échec. Merci et bon courage également <3

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